FABRICE SCHAEFER (CH)

1969 né à Genève
1993-1996 Ecole Supérieure des Arts Appliqués, Genève. Section création de bijoux et d’objets, atelier d’Esther Brinkmann (diplôme) 1998 ouverture de la galerie TACTILe
2000 chargé de cours à la Head de Genève, orientation Design Bijou

GLISSER UNE BAGUE AU DOIGT
La bague est pour Schaefer le bijou par essence, voire le bijou essentiel. N’est pas bijou celui qui ne touche pas le corps, la peau. La peau, selon la formule de Paul Claudel, est ce que l’homme, donc la femme, a de plus profond. La peau pour Schaefer est cette surface douce et sensuelle qui héberge un bijou et lui donne son éclat.
La bague est ce poids secret qui fera du geste une trace heureuse ; ce rien, ce tout, qui donnera à la main une présence parfois spectaculaire, parfois discrète, toujours éloquente. Porter une bague c’est le signe d’une appartenance, l’expression d’une intimité singulière, ou celle d’un souvenir, d’un présent, d’une alliance. Le choix de la bague privilégie, ici, autant chez le créateur que le porteur, un message personnel.
Ainsi pour Schaefer, l’excellence d’une bague sera de maîtriser la complexité et les contraintes qui président à sa création et à sa fabrication. Volume et poids, format et décor, matière et couleur, tout doit fusionner, s’équilibrer, s’harmoniser parfaitement. Dans l’exercice de cette métallurgie miniature, où la résistance d’un matériau va rencontrer la tendresse d’un autre, où les poussières elles-mêmes vont devenir précieuses, où le léger et le lourd vont sans cesse dialoguer, Schaefer se montre ardent alchimiste et du métal et de la beauté. Dans un cycle défini mais infini, il va chercher  et trouver  le contraste et non pas la discordance entre or et rouille, titane et argent pur, or gris et nielle, zinc et grenat pulvérisé…
Sous le travail impérieux et exigeant des matières, dans la savante technologie qu’il pratique, dans cette recherche inlassable d’inscrire dans une bague la force d’une sculpture, se cache l’homme qui aime la minéralité des Alpes et leurs lumières, les racines autant que les fleurs. C’est un classique qui a de la classe et c’est cela précisément que nous aimons.

Fabienne Xavière Sturm